Les habitants
Les usages

Infrastructures


Les habitants

Des groupes d'Amérindiens vécurent dans l'actuel Équateur pendant des milliers d'années, comme en attestent des objets en poterie datant de 3000 ans av. J.-C. Un peu plus de la moitié de la population est mestiza (d'ascendance espagnole et amérindienne). Le reste de la population est constitué d'Amérindiens, d'une minorité d'origine espagnole et d'un groupe de descendants africains. Guayaquil, avec 1,5 million d'habitants, est la plus grande ville. Environ 1,1 million de personnes vivent à Quito, la capitale et également l'une des plus anciennes villes du continent américain à avoir été habitée de façon continue. Les habitants des zones montagneuses, y compris ceux de Quito, ont été baptisés les Serranos. Les Costeños sont originaires des régions côtières, qui abritent notamment Guayaquil. Il existe une rivalité politique entre ces deux groupes. Les Indiens autochtones, qui vivent dans la sierra, sur les côtes et dans la région amazonienne, ne s'intègrent pas réellement dans la société, préférant vivre selon leurs propres traditions dans leurs régions d'origine. Certains groupes indigènes qui vont vivre dans les zones urbaines finissent parfois par adopter la culture mestiza tandis que d'autres demeurent totalement hermétiques à celle-ci. La population équatorienne est estimée à 12,3 millions d'habitants et sa croissance annuelle à 1,86 p. 100 (1998). Près de la moitié des Équatoriens ont moins de 15 ans.

Langues

L'espagnol est la langue officielle de l'Équateur. Le quechua, une combinaison de nombreux dialectes, reconnu par la Constitution comme une composante importante de la culture équatorienne, est parlé par une minorité, essentiellement des Amérindiens. De nombreux mots quechuas ont été intégrés au langage populaire pour remplacer des mots espagnols ou pour décrire d'autres concepts sans équivalents dans cette langue. De nombreuses interjections sont ainsi issues du quechua et non de l'espagnol. L'anglais est compris par de nombreux hommes d'affaires. Entre les deux principales régions du pays, la côte et les montagnes de la Sierra, il existe des différences dans la prononciation de certaines consonnes espagnoles.

Religions

La quasi-totalité de la population est catholique et de nombreuses fêtes officielles y trouvent leur origine. Toutefois, la liberté de culte est garantie par la Constitution.

Les usages

À table

Les Serranos accordent généralement une préférence au maïs et aux pommes de terre, tandis que de nombreux Costeños préfèrent le riz, les haricots et les bananes. Les fruits frais se trouvent en abondance et le poisson constitue un aliment de base. Une soupe est presque toujours servie aux deux repas de midi et du soir. L'après-midi, de nombreux Équatoriens consomment du pain chaud. L'arroz con pollo (riz avec du poulet), le locro (soupe à base de pommes de terre, de fromage, de viande et d'avocats), les llapingachos (gâteaux de pommes de terre au fromage), le ceviche (fruits de mer marinés dans du citron vert, servi avec des oignons, des tomates et plusieurs épices), la fritada (porc frit) et les empañadas (chaussons garnis de viande ou de fromage) sont quelques-uns des plats les plus appréciés. Les Équatoriens attachent une grande importance aux plats et aux traditions culinaires. A chaque fête correspond un mets spécifique et chaque ville possède sa propre spécialité culinaire. Le repas principal est habituellement celui du milieu de la journée. Les heures de repas permettent aux Équatoriens de donner libre cours à leur loisir favori, la conversation. Lors d'une invitation au restaurant, c'est en principe l'hôte qui paye le repas. Cependant, les jeunes gens se partagent souvent l'addition.

Vie en société

Pour se saluer, il est d'usage de se serrer la main. Parfois, les amis proches font le geste de s'embrasser en s'effleurant ou en se touchant légèrement la joue. Souvent, les hommes s'étreignent lorsqu'ils se connaissent bien. Lors de présentations, il est de coutume de désigner une personne par un titre (Señor, Señora…). Les personnes se connaissant peu ne s'appellent généralement pas par leur prénom. Entre amis, le titre Don ou Doña, suivi du prénom, est une marque à la fois de respect et d'amitié. ¡Buenos días! («Bonjour !») ou ¿Cómo estás? («Comment vas-tu ?») font partie des salutations les plus courantes. Les amis se saluent ordinairement d'un ¡Hola! («Salut !»). Les visites à l'improviste sont fréquentes et appréciées. Lorsque des amis arrivent sans prévenir aux heures des repas, on leur proposera certainement de se joindre aux hôtes. Par tradition, une boisson est offerte aux convives qu'il est bienvenu d'accepter. Les invités ne sont pas tenus d'arriver à l'heure et, en fonction des circonstances, ils pourront arriver avec un retard de dix minutes, voire d'une heure. Les invités ne partent pas juste à la fin du repas, mais restent pour parler. Lorsqu'ils quittent la maison, une petite attention leur est souvent offerte par la famille; elle peut prendre la forme de fruits ou de confiseries. Le soir, les réunions peuvent se prolonger au-delà de minuit, notamment sur la côte. Les hôtes servent des collations sur des plateaux, qui sont suivies d'un repas, tard dans la soirée. Lorsqu'un invité s'en va, l'usage veut qu'il dise au revoir à chacun. Entre eux, les jeunes Équatoriens ont tendance à observer des attitudes moins formelles.

Loisirs

Le football (fútbol) est le sport favori des Équatoriens ; viennent ensuite le volley-ball (appelé Ecuavolley, il se pratique avec des équipes de trois joueurs, qui utilisent un ballon lourd) et l'athlétisme. Le tennis, le basket-ball et la boxe font partie des autres sports appréciés. Il est possible de visiter de nombreux musées, sites culturels et naturels. Quito, en particulier, connaît une vie culturelle intense. Les heures de détente sont consacrées aux amis.

Vacances et fêtes

Les Équatoriens célèbrent le Nouvel An en brûlant dans les rues des effigies représentant l'année écoulée, traditions observées lors du réveillon, le 31 décembre. Le Carnaval (en février ou en mars), Pâques, la fête du Travail (le 1er mai) et la bataille de Pichincha (le 24 mai), qui marque la libération de l'Équateur, sont des fêtes nationales. Cependant, la plus importante est la fête de l'Indépendance (le 10 août), commémorant l'année 1809 et les premières tentatives pour s'affranchir de la tutelle espagnole. Lorsqu'un nouveau président est élu, il prête serment le 10 août. L'indépendance de Guayaquil est célébrée le 9 octobre. La fête des Morts a lieu le 2 novembre. De nombreuses personnes se rendent alors dans les cimetières pour honorer les morts et placent sur les tombes des «poupées» en pâte à pain. A l'occasion des célébrations de l'indépendance de Quito (le 6 décembre), de grandes festivités, des corridas et des rencontres sportives sont organisées. Noël (le 25 décembre) est une fête importante. Des fêtes et des foires locales sont organisées à différentes périodes de l'année, et chaque ville, chaque province célèbre l'anniversaire de sa propre fondation.

Infrastructures

Institutions

L'Équateur est une république constitutionnelle. Le président, élu au suffrage direct pour un mandat de quatre ans non renouvelable, est le chef du gouvernement. Le Congrès national, doté d'une chambre, est composé de 72 membres : 65 sont élus à l'échelle provinciale tous les deux ans, et 12 à l'échelle nationale tous les quatre ans. Il existe 21 provinces (comprenant les îles Galápagos), chacune d'elles étant administrée par un gouverneur nommé. Le pouvoir judiciaire est indépendant. L'âge de vote est fixé à 18 ans. D'après la loi, les Équatoriens âgés de 18 à 65 ans et alphabétisés sont tenus de voter : le vote est facultatif pour les illettrés.

Histoire contemporaine

A la suite de mouvements de protestation dans l'ensemble du pays, le Congrès a destitué le président Abdala Bucaram en février 1997, déclarant celui-ci inapte à diriger. Bucaram, qui avait été élu en 1996, était devenu impopulaire après avoir instauré des mesures d'austérité alors que son gouvernement avait la réputation d'être corrompu. Le Congrès a élu Fabian Alarcon président par intérim en évitant ainsi de nommer à ce poste le vice-président Rosalia Arteaga. Alarcon, anciennement président du Congrès, s'engagea au mois d'avril à organiser un référendum afin de donner une légitimité à son gouvernement. Le conflit frontalier qui oppose depuis longtemps l'Équateur et le Pérou n'est toujours pas résolu à l'heure actuelle.

Économie

Lorsque Rodrigo Borja entra en fonction en 1988, l'économie souffrait d'une inflation persistante ainsi que d'une consommation stagnante. Borja prit des mesures fiscales strictes, libéra le commerce et réforma l'impôt. Son successeur, Sixto Durán, aidé de son Premier ministre, Alberto Dahik, a accéléré le processus de réformes en accentuant la déréglementation et en introduisant un programme de privatisations. Un peu plus du quart de la main-d'œuvre est employé dans l'agriculture, produisant du café, des bananes, de la canne à sucre, des fruits, du maïs, des pommes de terre, du riz et d'autres denrées alimentaires. Le pétrole et ses dérivés représentent environ la moitié des recettes des exportations, suivis par la banane, la crevette, le café et le cacao. Le gaz naturel et l'hydroélectricité apportent de grandes ressources énergétiques et le pays possède de grandes réserves d'or et de cuivre. L'économie repose sur l'industrie agroalimentaire, le textile, la chimie, la pêche, le bois et le pétrole. La monnaie est le sucre, nom donné en hommage au héros national Antonio José de Sucre.

Le monde en mouvement

Dans les villes, le transport est assuré par les autobus, les taxis, et les colectivos (des minibus, plus confortables et plus rapides que les autobus). En zone rurale, les busetas remplacent les colectivos. Les routes interurbaines ont été améliorées, mais seulement un quart d'entre elles environ sont entièrement goudronnées. D'après les chiffres de 1990, le chemin de fer s'étend sur 989 km. Le transport aérien national et international se développe. Les réseaux de communication fonctionnent assez bien, quoique l'Équateur soit moins bien équipé en téléphones que la plupart des pays d'Amérique du Sud.

Enseignement

L'État contrôle à la fois les établissements de l'enseignement public et ceux de l'enseignement privé. Le système éducatif comprend les écoles maternelles, les écoles primaires en zone rurale et urbaine, les écoles secondaires et les établissements d'enseignement professionnel, les établissements donnant des cours du soir et les écoles d'enseignement spécialisé. Pour les enfants, les heures de classe quotidiennes sont de 7 h à 12 h 30, ou de 13 h à 16 h. Le déjeuner est pris à la maison. Habituellement, les écoliers sont tenus de porter un uniforme; les trois cinquièmes d'entre eux s'inscrivent dans des établissements secondaires. Presque 13 p. 100 d'entre eux suivent des études supérieures. Il existe 21 universités, la plus grande est située à Quito et accueille 45 000 étudiants.

Santé

Les soins sont pratiquement gratuits mais les dispensaires ruraux ne sont pas toujours bien équipés. Ceux qui en ont les moyens peuvent s'adresser à une clinique ou à un médecin du secteur privé. Certaines maladies telles que la typhoïde, le choléra, la polio, le paludisme et la fièvre jaune sévissent encore, mais les soins médicaux se sont améliorés. Depuis 1985, l'espérance de vie moyenne est passée à 71,8 années (1998). Environ 68% de la population totale a accès à l'eau potable. © & (p) 1995-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.