Les habitants
Les usages
Arts
Infrastructures
Les habitants
Démographie
Dès 1250 av. J.-C., plusieurs grandes civilisations d'Amérique du Sud, telles que les Chavíns, Chimós, les Nazcas et les Tiahuanacos, se sont développées au Pérou. Elles furent relayées, aux environs du XVe siècle apr. J.-C. par les Incas, les Fils du soleil, qui fondèrent une remarquable civilisation. Aujourd'hui, près de la moitié des Péruviens est d'origine amérindienne. Il existe cependant de nombreuses divisions ethniques et linguistiques entre ces peuples autochtones, dont certains sont encore assez isolés dans la jungle amazonienne. Plus d'un tiers de la population est mestizo. Y vivent également des minorités d'origine européenne (essentiellement espagnole) ainsi que des petites communautés africaine, japonaise et chinoise.
Le Pérou devrait bientôt atteindre les 25 millions d'habitants avec une densité d'environ 18,3 habitants au km². Les descendants des Quechuas et des Aymaras peuplent les hautes terres andines. Très souvent ils ne parlent pas espagnol et ont réussi à préserver les coutumes héritées de leurs ancêtres. En revanche, le long de la côte ainsi que dans les cités en altitude, les mestizos et les descendants d'Africains et d'Européens vivent selon un style plus occidental. Les jungles de l'est du Pérou abritent des groupes d'Amérindiens encore plus isolés qui vivent dans des conditions très proches de celles de leurs ancêtres.
Environ 35 p. 100 de la population totale a moins de 15 ans (1995). L'espérance de vie moyenne est de 66 ans. Les citadins représentent 72% de la population totale (1997).
Langues
L'espagnol, le quechua et l'aymara sont les trois langues officielles. De nombreux Péruviens parlent à la fois l'espagnol et une langue autochtone. Environ un tiers de la population n'a aucune notion d'espagnol. Certains Péruviens, essentiellement les personnes riches et les plus instruites, parlent l'anglais.
Religions
La plupart des Péruviens appartiennent à l'Église catholique, qui fut religion d'État jusqu'en 1979. Cependant, de nombreux Amérindiens allient croyances et pratiques traditionnelles à celles des religions chrétiennes.
Les usages
À table
L'alimentation de base comprend le riz, les haricots, le poisson et différentes sortes de fruits tropicaux. Les soupes sont des plats populaires et les légumes sont consommés selon la saison. Le maïs, originaire du Pérou, est l'aliment de base des Amérindiens. Le Ceviche (fruits de mer marinés) est un plat répandu sur la côte. Les pommes de terre, l'oignon et l'ail sont souvent utilisés dans la cuisine des régions montagneuses. La nourriture est le plus souvent achetée, au jour le jour, dans des petits commerces de proximité (dans les villes) ou sur de grands marchés en plein air où il est habituel de marchander.
Vie en société
Lors de rencontres, les hommes et les femmes se serrent la main. Les amis proches ont coutume de s'embrasser sur la joue ou, entre hommes, de se donner l'accolade (abrazo). Un bras autour de l'épaule ou une tape dans le dos est une manière polie de saluer les jeunes Péruviens. Les prénoms sont employés entre amis, mais les personnes âgées et les personnes de haut rang sont appelées par leurs titres et leurs noms de famille.
Lors d'une visite, si l'on n'est pas très intime avec son hôte, il est important d'annoncer sa venue. L'expression traditionnelle de bienvenue, Está en su casa («Vous êtes chez vous») est à l'image du sens de l'hospitalité péruvienne. Une boisson est habituellement offerte, mais il n'est pas impoli de la refuser courtoisement. Les visiteurs arrivant après 17 h 30 sont souvent invités à rester pour le lonche, un repas léger qui est pris aux environs de 18 h. Il est courtois de demander des nouvelles de la famille des hôtes et de réserver aux enfants de la maison une attention spéciale. Les visiteurs ne sont pas tenus d'apporter un cadeau, mais les personnes invitées à dîner apportent souvent des fleurs ou du vin.
Loisirs
Le football est le sport le plus populaire au Pérou. Le basket-ball, le volley-ball et la gymnastique sont également des sports appréciés. Les rencontres, les pique-niques en famille, le cinéma ou la télévision font partie des autres activités de loisir. Le dimanche est le jour privilégié pour les sorties.
Vacances et fêtes
Outre les fêtes classiques tels que le jour de l'An, Pâques (du jeudi au dimanche), la Toussaint et Noël, les péruviens célèbrent les fêtes de la Saint-Pierre et de la Saint-Paul (El Día de San Pedro y San Pablo, le 29 juin). Ce jour-là, des processions de bateaux décorés exhibent des effigies de Saint Pierre, le saint patron des pêcheurs. Saint Paul passe pour avoir été martyrisé le même jour. De même, la fête de la Sainte-Rose de Lima (30 août) est un jour férié. Sainte Rose, la première femme du continent américain à avoir été canonisée, est l'une des saintes patronnes d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. Comme elle est née à Lima en 1586, une procession y est organisée le jour de sa fête. Sa statue est portée depuis le lieu saint où elle repose habituellement, jusqu'à la cathédrale de Lima. À cette occasion, les enfants de la procession revêtent une tunique blanche, et les adultes une tunique mauve.
La fête des Compatriotes (24 juin), la fête de l'Indépendance (28 juillet), la fête nationale (29 juillet), et la fête de la Marine (8 octobre), sont aussi des fêtes nationales. La fête de l'Indépendance commémore la libération du Pérou de l'Espagne par Simón Bolívar en 1824. La fête nationale est célébrée par des parades militaires et une compétition équestre au Monterrico Race Track.
Arts
Conditions de vie dans les Andes
L'héritage amérindien du Pérou est l'un des plus riches d'Amérique du Sud. Bien que l'Espagne ait donné au Pérou sa langue, sa religion et ses chefs, la civilisation des Incas a laissé des traces dans l'ensemble de la culture péruvienne. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges amérindiens monumentaux notamment au nord-ouest de Cuzco où se dresse la cité perdue de Machu Picchu, relique muette de cette civilisation. Aujourd'hui, il ne reste plus de la capitale que des murs cyclopéens, la plus grande partie de la ville ayant été reconstruite dans un style baroque par les Espagnols. L'architecture de la période coloniale, fusion des styles espagnol et amérindien, a reçu le nom de créole. L'art contemporain péruvien s'inspire toujours des traditions amérindiennes.
Musique
Les Amérindiens de langue quechua ont conservé des liens nombreux et profonds avec la culture inca traditionnelle. Ils ont un style musical très différent de celui des autres groupes. Les principaux genres de musique quechua sont les hymnes religieux et rituels, la musique de danse, les lamentations et les chansons d'amour. L'instrument le plus répandu est le kena, une flûte à encoche, dont la principale fonction est d'accompagner la danse nationale péruvienne, le huyano. Danse de foulard d'origine précolombienne, le huyano se pratique à deux avec de nombreuses variantes, dans toutes les Andes. C'est une danse généralement syncopée avec alternance de deux sections.
Chez les Aymara de la région du lac Titicaca, dans le sud du Pérou, il arrive que le huyano soit accompagné de plusieurs flûtes de pan et d'un tambour cylindrique à timbre grave. Une flûte de pan est un jeu de sept tubes de jonc de longueur croissante, évidés et fixés les uns aux autres. Une seule flûte de pan ne pouvant produire que la moitié d'une gamme, pour rendre intégralement une mélodie, il faut deux musiciens jouant en alternance sur deux flûtes de pan complémentaires. Dans le cadre de cette technique, que l'on appelle «hocketing», chaque musicien dépend des autres, de même que l'air complet ne peut être qu'une création collective. De nombreuses compositions pour flûtes de pan sont obtenues en créant un enchaînement de petites unités musicales qui sont ensuite répétées.
L'échelle pentatonique amérindienne est toujours utilisée, de même que les instruments anciens tels que les conques, les flûtes, les ocarinas et les flûtes de pan. La musique de la population mestizo du Pérou a aussi intégré les influences européennes dominantes, notamment dans l'utilisation de formes de danse et d'instruments à cordes tels que la harpe et la guitare. Dans certains cas, les danses espagnoles ont été transformées en satires de l'autorité coloniale. Il arrive ainsi que la musique et la danse expriment dans un langage symbolique des idées politiques qui, formulées explicitement, seraient passibles de sanctions sévères.
Bibliothèques et musées
Les bibliothèques les plus importantes du Pérou sont situées dans les grandes villes et sont affiliées aux grandes universités. Les diverses bibliothèques de l'Université nationale de San Marcos à Lima détiennent plus de 450 000 ouvrages. La Bibliothèque nationale de Lima, pour sa part, contient plus de 3,2 millions d'ouvrages et autres publications.
Les musées sur l'ensemble du territoire exposent des objets d'art et des vestiges archéologiques péruviens. Lima, la capitale, compte les plus beaux musées du pays : le musée d'Art, le musée archéologique Rafael Larco Herrera, le musée d'Histoire naturelle Javier Prado et le musée national d'Anthropologie et d'Archéologie; le musée d'Histoire militaire du Pérou à Callao; et les musées d'archéologie d'Arequipa, de Cuzco, de Huancayo et de Trujillo.
Infrastructures
Institutions
Le Pérou est une République présidentielle régie par la Constitution de 1993. Le président, qui est élu pour une durée de cinq ans, est le chef de l'État. C'est lui qui nomme le Premier ministre, chef du gouvernement. Jusqu'en 1992, le Parlement bicaméral, comprenait une Chambre des députés de cent vingt membres (chambre basse) élus pour cinq ans au scrutin proportionnel et un Sénat de soixante membres également élus pour cinq ans. En janvier 1993, un Congrès constitué de quatre-vingt membres entra en fonction et élabora une nouvelle Constitution. Approuvée en octobre, celle-ci institua un Congrès unicaméral de 120 membres, élus au suffrage universel pour cinq ans. Tous les citoyens âgés de plus de 18 ans sont tenus de voter.
Histoire contemporaine
En 1933, une Constitution entérine la nomination d'un président et d'un corps législatif. Mais la démocratie n'est effective qu'en 1963, avec l'élection de Fernando Belaónde Terry. En 1968, il est cependant renversé par une junte militaire conduite par le général Juan Velasco Alvarado, qui prend le pouvoir et instaure une dictature, longue de douze ans. En 1980, les militaires consentent à redonner le contrôle du gouvernement aux civils, la démocratie est restaurée et Belaónde est réélu ; mais la récession économique héritée du « socialisme militaire » de Velasco s'aggrave. Après l'élection d'Alán García Pérez en 1985, la situation connait une première amélioration puis sombre dans le chaos, avec une montée en flèche de la dette extérieure, de l'inflation et de la criminalité. L'échec de García n'est pas seulement économique. Sa campagne militaire contre les actions du Sendero Luminoso (Sentier lumineux) – mouvement révolutionnaire terroriste, d'inspiration maoïste, responsable de la mort de 18 000 personnes au cours des années quatre-vingt – est aussi un fiasco.
En juin 1990, Alberto Fujimori, fils d'immigrés japonais, est élu à la succession de García. Il s'engage à résoudre les problèmes économiques du Pérou et à moraliser la vie politique. En 1991, les attaques des guérilleros du Sentier lumineux se rapprochent de Lima, alors que le pays est confronté à des difficultés économiques consécutives à l'application d'un plan d'austérité.
Invoquant l'insurrection du Sentier lumineux, la corruption des milieux gouvernementaux et l'inefficacité du corps législatif, Fujimori suspend la Constitution en avril 1992 et prononce la dissolution du Congrès. Il décrète l'état d'urgence et restreint les libertés civiles. La reprise de l'économie, l'arrestation d'Abimael Guzmán Reynoso, le chef du Sentier lumineux, et son appel à la paix aident Fujimori à conserver un soutien populaire. Malgré les promesses d'un rapide retour à la démocratie, les élections sont différées jusqu'en 1995. Une Assemblée constituante est toutefois approuvée lors d'un référendum national en octobre 1993, puis promulguée en décembre. En 1994, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Javier Pérez de Cuéllar, annonce qu'il se présentera à l'élection présidentielle de 1995, mais Fujimori est réélu et sa coalition acquiert la majorité au Congrès.
Le 17 décembre 1996, des guérilleros issus du mouvement révolutionnaire Tupac Amaru prennent d'assaut la résidence de l'ambassadeur du Japon à Lima, prenant en otage les centaines de personnes qui participaient à un cocktail. Ils exigent que des membres emprisonnés de leur mouvement soient libérés. Le 29 avril 1997, l'armée péruvienne attaque l'ambassade et libère les otages ; il y a cependant 17 morts (l'ensemble des terroristes, un otage et deux militaires).
Le conflit frontalier avec l'Équateur au sujet du contrôle de la cordillère du Condor, semble trouver une solution avec la conclusion, en octobre 1998, d'un accord fixant la frontière entre les deux pays. Cependant divers scandales politiques ainsi que la reprise du terrorisme du Sentier lumineux ternissent la popularité du président.
Économie
En 1990, l'économie péruvienne fut confrontée à de sévères difficultés. Les recettes des exportations illicites excédèrent celles des exportations licites; l'inflation s'envola au-dessus de 7 600 p. 100; l'économie chuta de 12 p. 100; les salaires réels continuèrent à baisser. Depuis 1992, l'inflation a considérablement diminué. Les salaires augmentent et les investissements étrangers affluent, autorisant la création d'emplois, l'exploitation des ressources et l'amélioration des conditions de vie dans les régions les plus pauvres. Même si le pays est encore pauvre, son potentiel est considérable et, sous la présidence de Fujimori, les progrès économiques déjà réalisés dans le cadre des réformes de libéralisation du marché devraient se poursuivre.
Le Pérou a de nombreux atouts. Outre son engagement relativement récent dans la voie de l'économie de marché, le pays dispose de nombreuses ressources encore inexploitées et d'une main d'œuvre qualifiée. Au-delà de l'insurrection et de la pauvreté en milieu rural, le principal obstacle à franchir est celui du commerce illicite de la drogue. Le Pérou est en effet le premier producteur mondial de feuilles de coca qui sont exportées vers d'autres pays avant d'être transformées en cocaïne. Cependant, de plus en plus de petits producteurs de drogue sont las des menaces et de la concurrence exercées par le Sentier lumineux. Encouragés par les efforts consentis par le gouvernement (soutenus par les États-Unis) pour réduire le commerce de la drogue, ils ont demandé une assistance pour pouvoir se reconvertir dans la production de cultures légales telles que le café et le cacao. Le maïs, la pomme de terre, les haricots, le riz et le café sont les principales productions agricoles du Pérou mais la pêche, notamment d'anchois, est la ressource essentielle. L'industrie minière occupe une place importante dans l'économie; les ressources naturelles comprennent l'argent, l'or, le plomb le pétrole, le bois, et le minerai de fer. L'industrie traditionnelle produit essentiellement des textiles et des produits artisanaux. La monnaie est le nuevo sol.
Transports et communications
Dans les villes, la plupart des Péruviens se déplacent en autobus, bien qu'un nombre croissant de citadins ait leur propre voiture. Dans les zones rurales, ils se déplacent souvent à pied ou à l'aide d'animaux. La plupart des routes ne sont pas goudronnées et les services de transport ferroviaire et aérien restent limités. Une ligne ferroviaire transandine assure la liaison entre Callao et Huancayo, et monte jusqu'à 4 815 m d'altitude, le point le plus haut jamais atteint dans le monde par le chemin de fer. Le réseau téléphonique, nationalisé en 1970, est bien développé. Le pays possède plus de 300 stations de radio et 8 chaînes de télévision. Il existe environ 70 quotidiens.
Enseignement
L'enseignement public est gratuit et obligatoire de six à quinze ans; l'enseignement secondaire est également gratuit. Cependant, le matériel de base nécessaire aux écoles et les installations ad hoc sont insuffisants, surtout dans les zones rurales. Au cours des années quatre-vingt, le Pérou a redoublé ses efforts en vue d'implanter des écoles primaires dans des régions isolées dont certaines sont encore contrôlées par le Sentier lumineux. Environ 70,1 p. 100 (1996) de jeunes en âge de suivre un enseignement secondaire sont effectivement inscrits. Six années d'études sinon plus correspondent à la durée de scolarité moyenne des adultes, et un nombre croissant de jeunes reste aujourd'hui à l'école. Le pays compte plus de trente universités, dont celle de San Marcos, située à Lima, qui est l'une des plus anciennes universités (1551) d'Amérique du Sud.
Santé
Il n'est possible de recevoir des soins médicaux de qualité que dans des cliniques privées onéreuses. Les hôpitaux manquent souvent de médicaments et de matériels. Dans les villes plus petites et les régions rurales, les services médicaux sont de qualité irrégulière et demeurent, à certains endroits, sous le contrôle du Sentier lumineux. De nombreux Péruviens éprouvent de la méfiance à l'égard de la médecine conventionnelle et préfèrent utiliser des remèdes traditionnels. En 1991, une épidémie de choléra toucha environ 200 000 Péruviens et 1 200 hommes trouvèrent la mort.
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