Les habitants
Les usages
Infrastructures


Les habitants 

La langue officielle est l'espagnol, qui diffère cependant du castillan parlé en Espagne. Ainsi, à table, les gens demandent un chin («un petit peu»), plutôt que un poquito. De nombreuses personnes ne prononcent pas le «s» final, transformant ainsi notamment dos («deux») en do'. Les habitants de la Valle del Cibao , ou Cibaeños, prononcent souvent les lettres «r», «l» et «i» différemment des autres Dominicains. La forme de vouvoiement espagnole «usted» est utilisée, même si les personnes vivant en zone urbaine lui préfèrent la forme plus familiale de tutoiement (tú).

On peut entendre un peu de créole près de la frontière haïtienne et dans les bateys (communautés dans les plantations de canne à sucre), où vivent de nombreux travailleurs haïtiens.

La plupart des Dominicains appartiennent officiellement à l'Église catholique romaine; cependant, les pratiquants réels sont beaucoup moins nombreux. On compte par ailleurs des chrétiens évangélistes, des adventistes du septième jour, des saints des derniers jours (ou mormons) et différentes autres confessions. Il existe une colonie juive à Sosúa, qui descend des réfugiés venus s'installer à la suite de mesures favorisant l'immigration. Les habitants des zones rurales associent parfois des traditions chrétiennes à des croyances et des pratiques locales.

Les usages 

On sert du riz en abondance à la quasi-totalité des repas, accompagné de habichuelas (haricots) ou de yuca (manioc). En général, le manioc est bouilli, préparé en beignets ou cuit en petits pains croustillants que l'on appelle casabe. On trouve des Plátanos (bananes plantains) et des bananes en abondance. Les Dominicains cultivent également des mangues, des papayes, des ananas, des goyaves, des avocats et différents fruits tropicaux (fruits de la passion, noix de coco et fruits «étoilés»). La viande (poulet, bœuf, porc ou chevreau) est très peu consommée. Dans certaines régions, on apprécie le bacalau (poisson séché, le plus souvent de la morue); les Dominicains qui vivent près des côtes consomment du poisson frais.Le plat national que l'on sert pour les occasions particulières est le sancocho, un ragoût riche à base de légumes et de viandes. L'habichuelas con dulce (une boisson sucrée à base de haricots) est consommée à Pâques. Les Dominicains aiment le café fort et sucré; ils apprécient la bière et le rhum du pays, ainsi que les sodas et les jus de fruits sucrés en bouteille.Le repas principal, la comida, est pris à midi et dure souvent deux heures. Les familles préfèrent déjeuner à leur domicile. Le desayuno, ou petit déjeuner, est généralement léger et constitué de pain et de café sucré. La cena, ou repas du soir, est également léger puisque l'on sert souvent uniquement un petit en-cas ou les restes de midi. Les conversations à table sont souvent animées.

Les hommes donnent une poignée de main ferme lorsqu'ils se saluent; il est également fréquent que les amis s'embrassent. Les femmes, quant à elles, s'embrassent sur les deux joues. De façon plus formelle, on serre la main de la personne rencontrée en demandant ¿Cómo está usted? («Comment allez-vous ?»). Les gens abandonnent le vouvoiement usted dans les situations amicales. La politesse veut que l'on prenne des nouvelles de la famille des gens que l'on rencontre. ¡Hola!, qui correspond à «Salut !», tout comme ¡Saludos! sont des formules amicales. Les adultes, en particulier al campo (à la campagne), s'appellent souvent compadre (pour les hommes) ou comadre (pour les femmes).Les présentations officielles sont rares, bien que les titres professionnels soient parfois utilisés. Les personnes âgées ou hiérarchiquement supérieures peuvent être appelées Don (pour les hommes) ou Doña (pour les femmes), suivi ou non du prénom.

Selon la tradition catholique, on apprend à certains enfants à «demander la bénédiction» de leurs parents ou d'autres membres de la famille lorsqu'ils les saluent. La formule d'usage est alors Bendicíon, tía («Bénissez-moi, ma tante») et la réponse habituelle Dios te bendiga («Dieu te bénisse»).Pour de nombreux Dominicains, en particulier ceux qui vivent à la campagne et dans les barrios, les rencontres entre amis et parents constituent une forme de loisir très importante. Les visites à la maison sont fréquentes; cependant, les gens aiment plutôt se rencontrer dans des lieux publics, au marché par exemple. La durée des visites varie et celles-ci peuvent survenir à tout moment, de façon impromptue. Dans les zones rurales, les gens ne ferment pas leur porte et les visiteurs sont toujours les bienvenus; l'intimité est secondaire et lorsqu'une personne demande à rester seule, on pense automatiquement qu'elle est triste. Rester seul signifie souffrir de solitude. Les gens adorent s'asseoir dans des mesadoras, des fauteuils à bascule présents dans presque tous les foyers, à bavarder ou tout simplement passer un peu de temps ensemble.Si la visite d'un ami interrompt un repas, il est immédiatement et sincèrement convié à le partager. La formule d'usage est alors A buen tiempo («Vous êtes arrivé au bon moment»). La personne peut alors refuser en souhaitant un Buen provecho («Bon appétit»), ou s'asseoir à la table et partager le repas.

Les hommes passent des heures, en particulier le dimanche, à jouer aux dominos sur des tables installées à l'extérieur, devant les maisons, les bars et les colmados (marchés de quartier), mais ce jeu est pratiqué aussi bien à la maison, y compris par les jeunes enfants.Les combats de coqs sont très populaires et les gens misent parfois des grosses sommes sur un animal. Le grand nombre de billets de loterie vendus dans le pays démontre également la passion du jeu qui caractérise les Dominicains.Le base-ball est le sport le plus populaire. La compétition est acharnée et de nombreux joueurs dominicains sont devenus célèbres aux États-Unis et au Canada. Les promenades dans les parcs, les visites aux amis et la télévision comptent parmi les loisirs favoris des Dominicains.

Dans les grandes villes, les gens apprécient également les activités culturelles comme le théâtre et les concerts.Les Dominicains adorent la musique et la danse. Le merengue, une musique au rythme rapide, est particulièrement populaire, bien qu'on apprécie également beaucoup la salsa et les autres styles latino, ainsi que la musique et le jazz des États-Unis. On trouve des boîtes de nuit dans les communes rurales.

En République dominicaine, on fête le jour de l'An le 1er janvier. Le 6 janvier, date de l'Épiphanie, ou jour des Rois (Día de los Reyes) commémore la visite que firent les trois Rois mages à l'enfant Jésus, pour lui apporter de l'or, de l'encens et de la myrrhe en guise de présents. C'est pourquoi, à cette occasion, les enfants reçoivent généralement des cadeaux.Le 21 janvier célèbre Nuestra Señora de la Alta Gracia («Notre-dame de la Gratitude»). Le jour de Duarte, le 26 janvier, est dédié à Juan Pablo Duarte, considéré comme le père de l'indépendance. La fête de l'Indépendance, le 27 février, commémore la liberté acquise par le pays en 1844 et consiste en des défilés et des réunions politiques.Le carnaval, un festival qui précède le carême, dure plusieurs semaines au début du printemps. De nombreuses festivités, dont de grands défilés costumés, sont organisées à cette occasion. Les familles qui vivent en ville aiment passer quelques jours à la plage ou à la montagne pendant la Semana Santa («Semaine sainte») qui précède Pâques.Le 16 août commémore le rétablissement de l'Indépendance, tandis que Nuestra Señora de las Mercedes («Notre-Dame de la Miséricorde») est célébrée le 24 septembre. On fête le jour de Christophe Colomb le 12 octobre en commémoration de la découverte des Amériques. Noël est célébré le 25 décembre bien que l'échange de cadeaux n'ait pas lieu ce jour-là, mais le 6 janvier.

Le gouvernement décrète parfois un congé exceptionnel pour célébrer un événement ou l'achèvement d'un projet. La Nueva Isabela (aujourd'hui Saint-Domingue), fondée en 1496, fut la première colonie européenne permanente du Nouveau Monde et demeure encore aujourd'hui une ville où les traditions européennes sont bien ancrées. Quelques constructions coloniales sont toujours en état, dont on peut admirer quelques beaux exemples à Saint-Domingue. On retrouve une influence espagnole dans les beaux-arts, la musique et la littérature; toutefois, les racines africaines sont tout aussi présentes.La plupart des grands centres culturels du pays, dont la galerie nationale des Beaux-Arts, se trouvent à Saint-Domingue.

Infrastructures 

Le président de l'exécutif est élu au suffrage direct et assisté d'un vice-président et d'un cabinet. Le Congrès bicaméral, constitué de 30 sénateurs et de 120 députés, est lui aussi directement élu, tout comme les fonctionnaires locaux. Les élections nationales et locales ont lieu simultanément, tous les quatre ans. L'âge de vote légal est 18 ans. Le pays compte 29 provinces et un district. Le Sénat nomme la Cour Suprême, où siègent neuf membres. En République dominicaine, les axes principaux sont goudronnés et très pratiqués; cependant, les routes de campagne sont souvent impraticables pendant la saison des pluies. Les transports en commun utilisent des guaguas (petites camionnettes ou minibus) ou des bus plus grands. Les trajets depuis et vers les villages de campagne se font souvent dans des petits camions qui transportent aussi bien des passagers que des animaux ou des marchandises. En ville, on utilise des carros públicos («voitures publiques»), c'est-à-dire des taxis qui suivent des trajets spécifiques. Les véhicules personnels restent chers mais ils se sont multipliés; toutefois, on circule aussi beaucoup à vélo. Les motoconchos (motocyclistes) font également office de taxis en prenant des passagers sur le siège arrière de leur véhicule.Un réseau téléphonique dessert l'ensemble du pays et les familles les plus aisées possèdent un poste privé. Les Dominicains lisent beaucoup de quotidiens. Les services postaux sont lents et peu fiables, ce qui oblige les entreprises à utiliser des coursiers privés. Des stations de radio et de télévision privées émettent des programmes régionaux et nationaux. L'enseignement public est gratuit jusqu'à la fin du secondaire. La présence en classe est théoriquement obligatoire; cependant, en pratique, beaucoup d'enfants ne suivent pas ou ne finissent pas leur scolarité car ils doivent travailler pour aider leur famille. Le manque de moyens de transport ou d'argent pour acheter les uniformes obligatoires, en particulier à la campagne, aggrave encore la situation. On estime que 110,5 p. 100 (1996) des enfants dominicains commencent leur scolarité, mais qu'un tiers seulement l'achèvent.Le budget consacré à l'éducation est très limité et ce sont les parents et les enseignants qui doivent se procurer les fournitures de base comme les crayons, le papier et les cahiers. Dans les villes, certaines familles ont les moyens d'inscrire leurs enfants dans des écoles privées, que l'on appelle colegios. Il est toutefois possible de bénéficier d'un enseignement supérieur et de suivre une formation technique dans des écoles de commerce. Les Dominicains les plus aisés optent généralement pour une prise en charge médicale privée. Les cliniques et les hôpitaux publics assurent des soins gratuits mais souffrent pour la plupart d'un manque de moyens. Dans certaines zones rurales, des travailleurs sociaux remplacent les médecins. De nombreux Dominicains continuent à consulter les curanderos, des guérisseurs traditionnels. Les soins trop tardifs et le manque de prévention posent de sérieux problèmes. Les campagnes de vaccination aident à lutter contre la maladie; cependant, le paludisme et diverses affections dues à des parasites intestinaux sont encore très répandues.

© & (p) 1995-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.