Les habitants
Les usages
Infrastructures


Les habitants

Des hommes vivaient dans la région aujourd'hui appelée Thaïlande il y a au moins vingt mille ans. Des études montrent que la migration s'est effectuée à partir de la Thaïlande vers le sud de la Chine et plus tard de la Chine vers la Thaïlande. Les trois quarts de la population sont des Thaïs, la principale minorité est chinoise et les autres groupes ethniques sont composés de Khmers et de Vietnamiens, dont un grand nombre est réfugié dans les régions frontalières. La Thaïlande compte 60 millions d'habitants (1998 estimation) et la croissance annuelle est estimée à 0,97 p. 100, soit l'un des taux les plus faibles d'Asie. Environ un tiers a moins de 15 ans et un vingtième plus de 65 ans. La densité de population est de 117 habitants au km² (1998). La majeure partie de la population vit en zones rurales, un quart seulement étant considérée comme citadine. Bangkok, la capitale, est l'une des villes les plus peuplées du monde, avec 4,7 millions d'habitants.

Langues

Le thaï est la langue officielle, utilisée dans les écoles, mais de nombreux autres dialectes thaïs sont parlés dans les différentes régions du pays. Le thaï est une langue tonale, ce qui signifie qu'une syllabe peut avoir diverses significations selon l'inflexion de la voix. Le thaï possède cinq tonalités. Le chinois et le malais sont parlés par de nombreuses personnes. Ceux qui ont suivi des études parlent généralement l'anglais. Certains groupes minoritaires tels que les Hmongs parlent leur propre langue.

Religions

La Thaïlande autorise la liberté de culte. La grande majorité de la population est bouddhiste theravada. Les musulmans (surtout dans le Sud), les hindous, les sikhs et les chrétiens (principalement à Bangkok) représentent l'essentiel du vingtième restant. Le bouddhisme influence profondément la manière de vivre thaïe. Les wat (temples) bouddhiques ont une place fondamentale dans les communautés thaïes. Traditionnellement, tous les jeunes hommes espéraient devenir moines bouddhistes pendant au moins trois mois de leur vie. Bien que cette pratique soit moins répandue de nos jours, de grandes cérémonies d'ordination sont fréquemment organisées pour les jeunes garçons qui commencent une formation religieuse. La vénération des ancêtres fait partie du culte bouddhiste en Thaïlande. On offre de la nourriture en souvenir des parents décédés, et des cérémonies spéciales ont lieu pour rappeler aux vivants qu'ils doivent honorer les morts. Le bouddhisme en Thaïlande comprend également des rites et des principes issus d'autres religions orientales telles que l'hindouisme, ainsi que de l'animisme.

Les usages

À table

Le riz (complet dans les régions du Sud et du Centre, gluant dans le Nord) est l'aliment de base. Il est généralement servi avec des plats très épicés composés de viande, de légumes, de poissons, d'oeufs ou de fruits. Les currys et les sauces poivrées sont appréciés. Le boeuf, le poulet et le porc sont les viandes les plus courantes. La Thaïlande se targue de disposer d'un grand nombre de fruits tropicaux toute l'année. Les restaurants de Bangkok proposent une vaste gamme de cuisines internationales. Les Thaïlandais utilisent des fourchettes et des cuillères à table. Les couteaux ne sont généralement pas nécessaires car les aliments sont présentés en petits morceaux. Dans les régions du Nord, les habitants mangent avec leurs doigts un riz gluant (à forte teneur en gluten) cuit à la vapeur. Les baguettes sont utilisées pour manger les plats de nouilles, de même que chez les personnes d'origine chinoise. A table, les convives se servent dans différents plats posés au centre. Le riz accompagne tous les repas. L'eau, la boisson habituelle à table, est proposée à la fin du repas.

Vie en société

La salutation thaïlandaise traditionnelle est le wai. Le wai est exécuté en fonction des relations entre les personnes et il en existe de nombreuses variantes. Cependant, on l'effectue généralement en joignant les paumes, doigts tendus, au niveau de la poitrine et en s'inclinant légèrement; les femmes font une révérence. La personne la plus jeune salue d'abord, puis la plus âgée répond en plaçant ses mains plus bas. Plus les mains sont placées haut, plus le respect est grand. De même, plus l'on souhaite montrer son respect, plus les inclinations et les révérences seront prononcées. Le bout des doigts ne doit dépasser le niveau des sourcils que pour révérer Bouddha ou saluer le roi. On répond toujours à un wai, sauf s'il existe une trop grande différence de statut social ou d'âge entre les deux personnes, auquel cas celui qui exige le plus de respect ne répond pas au wai. Les moines bouddhistes ne retournent jamais le wai. Ce geste peut non seulement signifier «Bonjour» mais également «Au revoir», et «Excusez-moi». Les Thaïlandais s'appellent par leur prénom précédé de Khun (par exemple, Khun Sariya) et réservent les noms de famille pour des occasions plus formelles. Hommes et femmes ne montrent généralement pas leur affection en public. Parmi les jeunes générations cependant, il devient plus courant de se tenir par la main. Les Thaïlandais sont très hospitaliers. La personne âgée ou de rang social élevé est traitée avec le plus grand respect. Habituellement, on retire ses chaussures avant de pénétrer dans un temple bouddhiste ou chez quelqu'un. Les visiteurs doivent éviter de se tenir devant la porte en raison de la croyance religieuse selon laquelle une âme réside à l'entrée d'un temple (wat). Il n'est pas nécessaire d'apporter un cadeau pour une simple visite, mais il est fréquent que des visiteurs qui demeurent quelque temps offrent à leur hôte un cadeau de reconnaissance. Les Thaïlandais s'assoient habituellement à même le sol. Les femmes replient généralement les jambes sur le côté et les hommes s'assoient en tailleur. Les hommes peuvent également replier leurs jambes sur le côté en signe de respect particulier pour leur hôte.

Loisirs

Le football, le tennis de table, le badminton, le basket-ball et le volley-ball sont les sports les plus populaires. Les Thaïlandais pratiquent également des sports traditionnels tels que le takro (l'objectif est d'essayer de conserver en l'air un ballon d'osier, sans se servir des mains) et les arts martiaux. Faire planer des cerfs-volants et jouer aux échecs thaïs, qui se pratiquent sans reine et qui possèdent leurs propres règles du jeu, sont des activités de loisirs très prisées. Ils aiment aussi regarder la télévision et aller au cinéma.

Vacances et fêtes

Bien que le gouvernement utilise le calendrier grégorien, les fêtes bouddhiques sont fixées sur le calendrier lunaire et leur date varie d'une année à l'autre. Les fêtes officielles sont notamment le Nouvel An, le Nouvel An chinois, la fête de Chakri (6 avril), la fête du Couronnement (5 mai), la Cérémonie du labour royal (11 mai), l'anniversaire de la reine (12 août), la fête de Chulalongkorn (23 octobre), en l'honneur du «monarque bien-aimé», qui a aboli l'esclavage et a effectué de nombreuses réformes, l'anniversaire du roi (5 décembre), la fête de la Constitution (10 décembre) et la Saint-Sylvestre. Citons également les fêtes religieuses importantes, telles que Makha Bucha, Asalaha Bucha et Visakha Bucha, qui marquent les dates importantes de l'histoire du bouddhisme. Songkhran est le Nouvel An thaïlandais. Loy Krathong honore la déesse de l'eau afin qu'elle apporte de l'eau toute l'année; à cette occasion, les Thaïlandais font flotter des petits bateaux portant des bougies, des pièces de monnaie et des fleurs sur les cours d'eau.

Arts

En Thaïlande, la musique populaire est une mosaïque fascinante, en permanente évolution, de styles qui traduisent des influences venues d'Europe, des États-Unis et d'Asie méridionale tout en conservant un caractère typiquement thaï. Le sakon et le string sont deux styles très occidentalisés qui recourent à des éléments de rock et de disco. Ces dernières années, la musique dance, pratiquement indiscernable de celle qui se joue en Europe, est elle aussi devenue très populaire. Le luk thung et le mor lam, styles aux origines plus autochtones, mêlent mélodies populaires thaïes et rythmes rock. Le luk thung, qui a ses racines dans des styles de chants régionaux, est plus spécialement apprécié des publics ruraux et de ceux qui migrent vers les zones urbaines. Les paroles de ces chants évoquent la vie rurale et les problèmes que rencontrent les ruraux lorsqu'ils s'installent dans les grandes villes. Les concerts de luk thung sont devenus des spectacles somptueux avec danseurs, choeurs, éclairages et costumes recherchés. Le mor lam, quant à lui, a ses origines dans le Nord-Est, dans la région d'Isaan, où se déroulaient des concours de chant qui opposaient des équipes d'hommes et de femmes. Sous sa forme contemporaine, il a conservé les choeurs au rythme rapide et les instruments traditionnels tels que le khaen, sorte d'harmonica. Jusqu'à la révolution de 1932, les cours royales protégeaient une musique de cour nommée pi phat. Aujourd'hui, elle se perpétue hors de son contexte traditionnel, mais ses sonorités sont demeurées à peu près les mêmes. L'orchestre pi phat est composé du pi (sorte de hautbois), de gongs de diverses tailles, de xylophones et de tambours. Cette musique a des origines chinoises mâtinées d'influences indiennes, bien que la sonorité très particulière des gongs soit caractéristique de l'Asie méridionale.

Infrastructures

Institutions

Le roi est théoriquement le chef de l'État (monarchie parlementaire) mais ne dispose plus que de quelques responsabilités exécutives. Le pouvoir exécutif est en fait détenu par le Premier ministre, qui gouverne avec l'aide d'un Conseil des ministres. L'Assemblée nationale est constituée de deux chambres : un Sénat dont les membres sont désignés par le gouvernement et une Chambre des représentants, dont les membres sont élus au suffrage universel. Le droit de vote est accordé à 20 ans. Le pays est divisé en provinces, en districts, en sous-districts et en villages. Dans ces derniers, les chefs locaux sont élus par le peuple. Bien que le roi ait perdu tout pouvoir politique depuis la révolution de 1932, la plupart des Thaïs tiennent la monarchie en très haute considération. Même les portraits du roi sont traités avec respect. Ainsi, on n'utilise pas sa langue, mais une éponge, pour humecter un timbre à l'effigie du roi. De même, malgré la liberté d'expression politique, il est illégal de dire ou d'écrire quoi que ce soit d'offensant vis-à-vis de la royauté. Les valeurs traditionnelles insistent sur l'attachement au roi, à la nation et à la religion. Depuis la révolution, l'expression «le Roi, la Patrie, la Religion» illustre cet état d'esprit.

Histoire contemporaine

Après la guerre, le pays connut une période d'agitation politique et une succession de coups d'État militaires. Le roi Bhumibol Adulyadej accéda au trône en 1946 sous le nom de Rama IX; sans pouvoir réel, il fut contraint d'accepter la situation. Malgré les nombreux coups d'État et tentatives de coups d'État, ainsi que des problèmes avec les nations voisines, le roi de Thaïlande a toujours été un symbole d'unité et de stabilité nationales. En 1979, des réfugiés cambodgiens et laotiens affluèrent dans le pays, qui dut également faire face aux pressions vietnamiennes sur sa frontière. Le dernier coup d'État eut lieu le 23 février 1991, lorsque les militaires renversèrent le gouvernement du général Chatchaï Choonhavan, élu six mois auparavant. En mai 1992, les étudiants et la classe moyenne se révoltèrent contre la dictature du général Suchinda Kaprayoon et la corruption du pouvoir. Ces manifestations furent violemment réprimées par l'armée, mais le roi intervint pour imposer un gouvernement plus respectueux de la démocratie et Suchinda fut contraint de démissionner. En septembre, les partis prodémocratiques, unis, remportèrent les élections à une petite majorité et Chuan Leekpai, dirigeant du Parti démocrate, fut conduit à la tête du gouvernement. Aux élections législatives de mai 1995, le Parti Chat Thaï, alliance de six partis, a remporté la majorité des sièges et Banharn Silapaarcha est devenu Premier ministre. Depuis 1995, les militaires ne constituent pas plus des deux tiers de la Chambre des représentants.

Économie

L'économie thaïlandaise est la huitième d'Asie et l'une de celles qui ont connu la croissance la plus rapide au cours des dernières années. L'agriculture constitue l'épine dorsale traditionnelle de l'économie thaïlandaise. L'étain (dont la Thaïlande est le troisième producteur mondial), le textile, les produits de la mer, le riz, le manioc et les bijoux figurent parmi les exportations les plus importantes. Les principaux produits manufacturés du pays sont les appareils électriques, les meubles, les circuits intégrés et les articles en plastique. Dans les années quatre-vingt, la Thaïlande était l'un des pays qui profitaient le plus des investissements étrangers. Le tourisme, source essentielle de devises étrangères depuis le début des années quatre-vingt, a largement contribué au développement du secteur des services. Malgré un succès économique incontestable ces vingt dernières années, la Thaïlande connaît de sérieux problèmes. Ses infrastructures sont notamment inadaptées et l'environnement est menacé par la pollution atmosphérique et par une déforestation irréfléchie, qui, malgré son interdiction depuis 1989, continue pour des raisons purement commerciales. Le produit intérieur brut (PIB) est estimé à 153,9 milliards de dollars (1997), et la croissance à 7,5 p. 100. Le PIB par habitant, quant à lui, est estimé à 2 540 dollars (1997), soit environ 250 dollars de plus que l'année précédente. Le secteur agricole, soutien traditionnel de l'économie, emploie encore près des deux tiers de la population active, mais ne représente que 12,7 p. 100 du PIB. L'industrie représente 39,8 p. 100 du PIB et les services, 48,9 p. 100 (1997). La Thaïlande est membre de l'Association des nations du Sud-Est asiatique créée en 1967 et formée par l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines et Singapour, auxquelles se sont joints le Brunei lors de son accession à l'indépendance en 1984 et le Viêtnam en 1995. Mise en place dans un but de coordination économique, l'ASEAN a eu surtout pour rôle de s'opposer à l'expansion communiste. La monnaie thaïlandaise est le baht.

Transports et communications

Les liaisons aériennes internationales sont bonnes et il existe des lignes intérieures qui relient les principales villes. Les réseaux ferroviaire et routier sont étendus. Les transports locaux s'effectuent en bus ou en taxi; dans les campagnes, les cyclo-pousse sont plus courants. Même si tous les habitants ne possèdent pas encore de voiture, le nombre croissant de véhicules a aggravé les problèmes de circulation urbaine; Bangkok est très encombrée. Les cours d'eau sont souvent utilisés pour le transport dans les régions rurales et certaines zones urbaines. Le fleuve Ménam est le cours d'eau le plus important de Thaïlande et connaît un trafic significatif pour le transport de passagers et le fret. Le réseau de télécommunications est bien développé et adapté aux besoins.

Enseignement

Le gouvernement a fait de l'enseignement une priorité. La fréquentation scolaire a augmenté de manière importante par rapport à la précédente génération. Quasiment tous les enfants sont inscrits à l'école primaire, mais les deux cinquièmes seulement bénéficient de l'enseignement secondaire. L'entrée à l'université s'effectue sur examen, et la concurrence est acharnée pour un nombre limité de places. Logés à peu de frais dans l'un des nombreux wat, les étudiants venus des provinces éloignées ont plus de chances d'étudier à l'université que les étudiantes, qui doivent payer une chambre dans un pensionnat ou à l'hôtel.

Santé

Les services de santé se sont développés au cours des dix dernières années, mais sont encore limités dans les zones rurales les plus reculées. Les maladies tropicales sont courantes, notamment la dengue, en dehors des villes. © & (p) 1995-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. © 1988-1999 Microsoft et/ou ses fournisseurs. Tous droits réservés.